jeudi 29 mars 2018

LA PHILOSOPHIE DANS LE CANIVEAU, ou : la schizophrénie en philosophie, I - Introduction

21st century schizoid man, King Crimson


La schizophrénie embrouille les pensées des schizos, ce qui est un mal ; mais elle les empêche souvent de les communiquer, ce qui est parfois un bien. Si vous pensez que j’exagère, donnez-moi une seconde chance d’expliquer ma pensée : je ne suis peut-être pas le seul à l’envisager.



La schizophrénie empêche-t-elle les schizos de communiquer leurs pensées, ou bien embrouille-t-elle la communication en général ? La rend-elle plus compliquée pour tous ? D’abord, il faut remarquer qu’il y a des individus qui ne communiquent pas ou peu leurs pensées, sans qu’ils soient schizos. Ce n’est pas nécessairement la schizophrénie qui empêche quiconque de communiquer ce qu’il pense. Dans le cas des schizos, rien ne prouve que ce soit leur mal qui les empêche de se communiquer. Mais lorsque quelque chose embrouille la communication, quelque chose qui embrouille chaque esprit qui prend part à la communication, cette chose a-t-elle de près ou de loin une ressemblance avec la schizophrénie ? Pour répondre à cette question, nous aborderons tout à l’heure la schizophrénie par sa face conceptuelle, et elle est escarpée, mais pas autant que sa face empirique, qui elle aussi m’inspire, on s’en serait douté.



Un mot au préalable sur la conceptualisation. Tandis que les schizos croupissent dans leurs merdiers, les intellectuels s’en emparent comme d’un concept. C’est une erreur : si un concept est un produit de l’esprit rationnel, un esprit en miettes – on admet qu’il demeure rationnel – ne peut accoucher que de concepts en miettes, ou de miettes de concepts. Et si l’on rabâche à longueur de communications médiatiques et de campagnes de prévention que « schizophrénie » signifie « esprit scindé », sans jamais mettre en perspective son concept et ses désinences, ni sans jamais demander : — scindé en combien de parties ? — on pense bêtement : en deux ! et c’en est alors fini de toute dialectique, puisque, pense-t-on aussi bêtement, voilà que le « deux » est malade ! 

mardi 27 mars 2018

Amitié


Les années passent mais ne se ressemblent pas...
Faut-il que mon cœur las leur emboîte le pas
et que lourd de regrets il s’éteigne avant l’heure...
Ou s’éveillera-t-il aux premières lueurs
de ta flamme, ô ami, qui m’apporte ici-bas...
feux follets, esprit saint, rythme d’un cœur qui bat !

dimanche 25 mars 2018

Sans monde


Mon coeur évite de dormir

La nuit, cest un nez de tapir
à l’affût de la part de jour, de signes
Mon coeur n’est pas à vendre, il n’est pas digne
de suivre la détresse du monde
il est lumière sans monde
Plus jeune, ensommeillé, distant, poli
le temps lui fut conté par l’oubli
Plus vieux, marcheur infatigable et guerrier
à présent le sauveur de mes jours fériés
je l’aime comme on aime la lumière
qui soigne presque tout en plein hiver