lundi 13 août 2018

Communication à un éditeur

Cher ami, 

Comme chacun l’apprend un beau jour pour son étonnement personnel, dans la rigoureuse formation d’un auteur, le talent et l’identité vont de pair et sont façonnés d’une seule et même pièce. Les choses étant ce qu’elles sont, et le talent comme l’identité ne faisant pas exception à la règle, moins l’auteur tergiverse pour en donner la preuve, et plus son éditeur lui donne de garanties. J’en ai fait l’expérience avec le cas inverse, celle de ma propre personnalité éponyme d’auteur-poète malheureux, en donnant en veux-tu en voilà les signes les plus inquiétants de mes identités littéraires multiples, à un très brillant éditeur, qui ne manqua pas de relever aussitôt, à foison, les marques de talent avérées de ma trop géniale et malheureuse idée de la subjectivité, s’obligeant hélas du même coup, comme chacun pouvait s’y attendre en sa légitime immédiateté, à me mettre en demeure de pouvoir lui fournir la plus minuscule des garanties de ma solidarité, ce qui me plongea dans un abîme de perplexité vertigineux, en proie au doute affreux que jamais ma pièce ne gagnât en mon simple nom et à sa juste valeur l’estime du public cultivé. 

Il arrive parfois que le temps, ennemi insidieux qui amenuise la bonne foi et la persévérance d'un auteur, fasse preuve de clémence et l’invite, aidé de ces deux vertus, à redresser la tête en le convertissant, par un heureux tour de force, à l’estime des autres en l’espace d’un instant. Il efface alors avec elles les réserves que l’éditeur formulait sur son compte, au moins à ce sujet. Je me réjouis avec paix et patience de la main secourable qui m’est tendue pour bondir hors de ma déréliction et ajouter à ma bonne foi et à ma persévérance envers l’éditeur, mes remerciements et mon soutien à son métier si beau.

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