jeudi 20 septembre 2018

Du consentement au don

Image sans rapport avec le sujet de l'article © David Rolland


Entre le consentement et le harcèlement, on peut dire qu’il y a une opposition. C’est l’opposition harcèlement / consentement. 

Suivez bien car je ne vais pas le répéter après sur Twitter.

Dans cette opposition, harcèlement / consentement, chaque terme de l’opposition exclut l’autre : le harcèlement exclut le consentement ; et le consentement exclut le harcèlement. Entre eux, il y a interdiction, exclusion mutuelle, du moment qu’on les pense en toute logique. Ce sont des termes de la loi, telle qu’elle se vote, s’observe et dispose des règles entre  les individus.

Le cadre de la loi est censé protéger des abus, des manquements, bref, des violations aux droits des individus. Sans consentement, c’est la loi qui règle tout litige entre deux ou plusieurs individus. 

Quant au droit des individus, sous le rapport de la séduction, il en va autrement. Tant que le droit est respecté, l’opposition harcèlement / consentement – qui est encadrée par la loi –, bien qu’elle se maintienne en toile de fond, n’est pas au premier plan. Pour des individus adultes qui jouissent de leurs droits et qui consentent à choisir la liberté, la séduction ne s’organise pas tant en termes opposés d’interdiction, ni d’exclusion, quen termes réciproques de relation, d’interdépendance. 

Dans ce contexte, la notion de don exprime mieux les rapports de séduction et d’amour entre hommes et femmes que la problématique du consentement et du harcèlement, qui est somme toute un rappel à la loi, une mesure de prévention, d’éducation, un statut propice à la vie en citoyenneté, mais n’est pas l’essence même de la dialectique de la séduction, qui repose sur le dit et le non-dit, pas sur l’interdit. La question se poserait plutôt en ces termes : est-ce possible de s’engager sans donner ? Ou : comment séduire sans faire don de soi ? Comment s’aimer sans s’abandonner ? Comment se libérer sans pardonner ? Comment le bonheur serait-il possible sans le don ? 

Engagement, séduction, amour, liberté, bonheur, pour exister, impliquent apparemment dêtre rendus possibles par le don. 

Donner n’est pas prêter, sauf à se « prêter au jeu » de la séduction, ce qui n’est qu’un mot, ou une chose sujette à équivoque. 

On a le droit de refuser de donner.

Ceci pour contribuer à une dialectique de la limite. Connaître les limites, c’est éprouver leurs résistances et s’en tenir à l’interdit lorsqu’il est proféré, exprimé, montré ; c’est se tenir pour averti de ne pas l’enfreindre. Le reste de la séduction est soit don, soit jeu, ou refus. Don lorsque sa valeur est positive, jeu si sa valeur est équivoque, refus lorsque sa valeur est négative. 

Si tu es sensible à ce point de vue, c’est déjà beaucoup.

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