mercredi 1 mai 2019

Fragrances nubiles


Serge Gainsbourg (1928-1991)
Louis-Ferdinand Céline (1894-1961)

Lorsque j’aurai fait place honnête dans mon cœur

J’aurai la qualité d’un Enfant devenu

Un être qui regimbe à s’éprouver chenu :

Je serai prêt, ô Conjugalité, Pudeurs...

Ça viendra bien... Mais comment devenir meilleur ?

Apprendre les Conduites des salons urbains ?

N’économiser rien ? Exceptons l’eau du bain

Qui servira Trois fois ! Enfin ! Que je ressente

Vos Hygiènes, Narcisses aux modes présentes !

De vos plus fats effluves gorgés d’encaustiques

Je nous vengerai, Moi et ma Propriété !

Mon Égoïsme cher, décadent aux Sceptiques

Édifiés par vos lais aux douceâtres beautés !

Je vivrai sale, et pas qu’un peu : dieu sans athées

Personne n’oubliera ma propre Intégrité

Je vivrai sale et pauvre, Expert ès sociétés : 

L’argent n’a pas d’odeur... sauf pour vous, Créanciers !

Mon bonheur – s’il existe – abolira l’argent…

J’élève au Désespoir quelques fous qui m’admirent

Dévoués au dur Métier du Bouc, Passion défen-

Due par des Serfs, Censeurs que je fuis, Ô Satyres

Aux Tisons tout fumants ! Ô trop saines Critiques !

Lustrales Fragrances ! Bistrez ! Cuistres comiques !

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