vendredi 20 septembre 2019

Greluchon par-devers soi

Allégorie de la foi, 1670-1674, Johannes Vermeer























Sur le récent et contemporain scandale d’un témoin de Jéhovah qui, pour les besoins de sa cause, prend à partie la littérature et l’opinion parce qu’il vise à édifier son lectorat, en vouant son existence aux sirènes gémoniaques de la critique la plus féroce, on n’a jusqu’à présent pas fait montre d’une grande curiosité à l’endroit du phénomène qui l’agite, car on agite désormais plus volontiers la tête en signe de désapprobation, au lieu d’agiter une lanterne en plein jour ; or notre énergumène catéchumène est lumineux. Il est brillant et nimbé de clarté. Pourtant, dans le périmètre époustouflant de ce soleil véridique, nul ne s’est arrêté, dans la course à la reconnaissance de la vérité, pour considérer l’Astre — ni le thème astral — autour duquel tourne chacun de ses affiliés par Soustraction : l’opinion va de révolutions passives en sidérations actives. 


Être curieux repose toujours sur quelque questionnement, qui soulève notre curiosité avant toute question. Et sans plus dissimuler qui il est, demandons-nous plutôt ce que Maxence Caron n’est pas ou ce qu’il n’est plus. Non que nous insinuions que Maxence Caron ne soit plus lui-même. Lucifer l’embringue. Non, mais nous demandons, par souci de moralité :


— Maxence est-il un témoin scandalisé de l’enfouissement de Jéhovah par l’athéisme militant ? — Ou bien Maxence est-il un scandaleux témoin de Jéhovah, en partie victime d’incontinences judicatoires et d’une intransigeance des plus boursouflées ?


Tous les moyens sont-ils bons pour témoigner de l’existence de Dieu ? 


Le syllogisme qui résume la poésie de Maxence Caron, sans qu’on sache trop quelle proposition est la majeure, laquelle la mineure, connait une conclusion certaine et consiste logiquement en celui-ci : Maxence Caron et Dieu se connaissent / or Dieu est une femme / donc Maxence Caron est infâme.


Potache et vertueux tour à tour, Maxence Caron dénigre la sexualité, non par sexisme, mais par incontinence performative, au risque de provoquer l’indifférence autour de son œuvre. La réfutation de sa philosophie tient ma foi en une formule, qui est aussi la maxime de sa sagesse immarcescible : Deviens ce que tu es, pignouf. Chauffeur de salle philosophique, Fée Carabosse de la critique, Greluchon fréquente-t-il les auteurs qu’il trucide dans ses poèmes personnels ? Hélas ! Introduit dans le monde, Maximum Peccatum s’en repentira. Pour son salut, il se dit : « Pourquoi ne pas bricoler un ſyſtème avec les grandes gueules de la littérature philoſophique ? Confondues par le verbe maxencéen, elles lui ſerviraient de répétition générale avant l’Apocalypſe. »


Est-ce qu’un gloussant témoin de Jéhovah, qui va d’imprécations en anathèmes, qui se prend pour le bras vengeur et le fouet céleste du Seigneur, est-ce que ce témoin est le fidèle témoin agissant de ce qui lui fut donné à voir ? Trouvera-t-il d’autres témoins pour alléguer son témoignage, en s’obstinant à secouer les moribonds, à dévaliser les vivants, au nom de sa piété ? 


Si notre connaissance du maxencéisme reste parcellaire — j’en ai lu plusieurs centaines de pages, contrairement à Greluchon, qui s’est contenté de se les procurer ne doit-elle pas le rester ? Pourtant, je vois très bien où leur auteur veut en venir.

Je vous salue Maxence
Pape éclairé de France
Ô Cornichon Céleste !
Juchés sur l’Everest
Nous scrutons votre Transe
Solide et Pure Absence
Virginal Palimpseste !
Ubiquitant à l’Ouest
À nul autre pareil,
Occultant le Soleil,
C’est la nuit jour et nuit
C’est le jour nuit et jour !
L’être bêle au berger
La verge aux Belles-Lettres
La rose à l’arrosé...
Maxence envoie tout paître !


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci de votre aimable intérêt pour ce blog.