samedi 11 septembre 2021

Satan dans les cœurs





C’est la fin du monde.




Pas tel que nous l’avons connu.




Nous n’avons pas connu le monde, car nous n’avons pas compris les femmes.




C’est la fin du monde parce que les femmes le veulent ainsi.




Je connais une jeune femme qui est devenue enfin artiste en s’entichant d’un mâle. Elle le dirige. Elle le fait venir.




Elle le prend et le remet, il ne bronche pas.




Ils sont très sûrs, pas esclaves l’un pour l’autre.




Ce n’est pas la culture qui les anime, pas elle du moins, et lui si peu que ça fait rire de loin ceux qui ne comprennent pas.




Non, la fin du monde c’est l’ennui des femmes incomprises, dans un monde d’hommes incapables de les comprendre.



Elles finissent par absoudre les mâles absolus, et tant pis pour l’homme.




Elles portaient déjà à l’esprit le voile, lorsque : « lorsque soudain, amie ! un se fit deux [...] »




Qui était ce poète, cette voix nue ? Rien, elles l’ont oublié.




Devaient-elles l’oublier ? Elle, jeune artiste, me confiait à demi-mot : à quoi bon des bibliothèques ?




C’est la fin. Je repense à elle.




Elle a fait ses humanités, immortelles.




Elle fait désormais sa science sans le savoir, elle étudie, moderne.




Les hommes ne seront plus jamais les contemporains des femmes, parce qu’ils ne l’ont jamais été.




Finalement, elles auront perdu patience. Alors ?




Alors elles seront nature et les hommes seront esclaves, culture du mâle. Bien-sûr, en lisant ces lignes on n’en croit absolument rien, pas un seul mot, pas un traître mot, pour peu qu’on soit trompé, c’est-à-dire mécaniquement heureux.




Elles le veulent ainsi : entretiens, secrets, continuer, nature, faire venir, qui elles veulent, conversation, et surtout amour de soi.




Le plus grand allié des femmes a toujours été le langage. Laissons tous les philosophes au placard. Il suffit.




Les femmes et leur babil, voilà la société. Un langage qui, pour peu qu’elles le parlent, leur est utile.




Mais qu’elles le pensent, il devient une arme, et quelle arme ! Pauvres hommes, maniables à souhait.




Les femmes et leur pathos des sentiments, caractères, masques, silences, non-dits, sous-entendus, nuances, arrière-pensées, jeux de félins, phrases assassines, formules, sarcasmes, allusions, fictions, interdits, prières...




Les femmes, dans leurs prisons dorées, dans leurs cœurs, dans leurs souffrances et dans leurs amours, inventèrent le métalangage.




Tandis que les hommes se vautraient dans leur métaphysique, elles pensaient télépathie.




Si fait.




N’a-t-on jamais entendu ces délicats et langoureux petits oiseaux roucouler, pérorer, jacasser, ironiser, souligner, entourer, susurrer, se délecter, se vanter, moufter, répéter, hululer, flouer, dérouler, jouer, écorner, clarifier, déclarer, mendier, donner ?



On tente de les suivre, parfois on les entend, on essaie, on balbutie, on trébuche, mais elles gardent toujours plusieurs longueurs d’avance, on le sent, on le sait.




Pourquoi ? Comme des poissons dans l’eau, elles nagent dans un bain de métalangage, où l’on surnage à peine, avant de couler.




Inutile de lutter. La télépathie est l’autre nom de la solidarité féminine. Elle a grandi dans l’ombre du Mâle Absolu, durant les millénaires obscurs de Son règne, en prévision des lendemains qui chantent.




Art.




Fin du ressentiment, fin de la joie de souffrir, chansons !




Flûtes, hautbois, trompettes, et rythmes en boîtes.




Et voilà ! Clap de fin. Applaudissements.




Fin du monde, et faim de louves. Pas la peine de bêler. Elles trouveront leur bonheur. Préparez-vous à déguster.




Laissez-les venir vous chercher, vous êtes recherché.




Tant pis pour l’ancien, l’artiste de la faim. Vous allez être un mâle heureux. Fin de l’histoire.




Élevage humanitaire. Culte viril, pensées rivales. Sacre puis massacre des paroles symboliques.




Ici commence le messianisme de l’espèce.




Satan dans les cœurs.




Qu’en faire ?


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