dimanche 29 avril 2018

La recherche

Au dessus de la ville, 1914-1918, Chagall
 © 2004-2018 Russian Art Gallery




Ce jour-là, tandis que je marchais seul depuis un long moment, des milliers de corps ont croisé ma route au détour d’un champ de lilas. Ces corps paraissaient calmes, malgré leur voyage et la difficulté du chemin. J’arrivai à leur rencontre :

lundi 16 avril 2018

L’angle mort



Je parle à mon angle mort, tous sens écorchés vifs
Dirigé vers le trésor de patience attentif
dont je l’ai enveloppé, l’Angle de la Mort broie
nourri par la mélopée de mon doute qui croît
la morve au nez l’angle meurt, dévaste mes projets
Le doute y met de l’ardeur : et si rien n’était vrai ?

L’absence est un long chemin, Angle plein de sagesse
Les mots d’absent ne sont rien, s’ils ne sont des promesses

mardi 3 avril 2018

Maître Oliver sur un grain de pollen

Image © David Rolland




Maître Oliver était gros comme tout l’Univers entier. Il était tellement gros qu’il aurait pu contenir à lui seul toutes les planètes, toutes les étoiles, toutes les galaxies et tout le vide qu’il y avait entre elles.


Le Maître de l’Univers vint à la rencontre de Maître Oliver, et puisqu’il le trouvait malheureux, il lui dit ceci : « Si tu continues à grossir, tu vas devenir encore plus gros que l’Univers, et nous serons si serrés qu’il risquera d’exploser. Écoute : je vais te donner une potion qui va te faire maigrir juste comme il faut pour que tu rétrécisses à l’échelle universelle. » Le Maître de l’Univers lui tendit un flacon, puis il retourna se promener dans l’Univers. Maître Oliver considéra le flacon, tout en se disant : « Hélas ! Si je pouvais maigrir, je trouverais peut-être un lieu où je serais chez moi. Là, peut-être, je ne gênerais plus personne ! » Car les galaxies, les étoiles et même les planètes avaient bien des fois remarqué que Maître Oliver les empêchait de circuler à leur gré, tant il était gigantesque et depuis si longtemps encombrant.

dimanche 1 avril 2018

Philosophe

Je suis un albatros tantôt lourd tantôt libre
Libre lorsque j’écris je vole sur la page 
La pensée dans les mots je tiens en équilibre
quand au ciel des idées je suis fou du langage


Lourd, quand je redescends, on me juge « complexe »

Mes propos maladroits m’empêchent de toucher
Le temps met constamment mes questions à l’index
on les oublie en martelant : « T’es trop perché ! »



Le nez dans des fictions, on rit de ma mission...
Alors je plane dans le doute, ô triste alcyon...