samedi 26 octobre 2019

PAROLES : N°3 « MDR 😂 »

 

— David, vous êtes un Allemand.
— Pourquoi alors ?
— Le masque, le masque !

2016, CATTP

vendredi 25 octobre 2019

« FAITES PAS CHIER MÉMÉ ! », une théorie philologique

La portée du contenu de nos paroles peut se résoudre en distinguant trois types d’énoncés.

L’énoncé discursif, l’énoncé performatif, l’énoncé proverbial.

L’énoncé discursif consiste à relater, évoquer, discourir, en ouvrant la parole au reste du monde. Son domaine est verbal.

L’énoncé performatif relève de l’ordre de la parole appliquée à l’action. Il consiste à dire ce qu’on fait en faisant ce qu’on dit.

L’énoncé proverbial est la synthèse des deux autres.


A - Le discursif :

Il comporte quatre niveaux de sens :

1. Le sens littéral : ce niveau se rapporte à la réalité.
Par exemple : J’ai vu Gainsbarre il y a une heure dans une vidéo dénoncer Pernod et la SEITA.

2. Le sens allégorique :  ce niveau se rapporte à ce qu’il faut croire pour comprendre le texte ou la vie du monde. C’est le niveau du roman, de la lecture, de l’apprenant, du public.

Par exemple, l’incipit d’un roman : «  Sina sortait de chez Camille en larmes lorsqu’un papillon l’invita à le suivre jusqu’au moment où elle vit dans une vitrine une paire de chaussures qui allait la mener vers des horizons que je relaterai en temps voulu. »

Ou : « Va, je ne te hais point ».

3. Le sens moral : ce niveau se rapporte à ce qu’il faut faire et ne pas faire.

« Tu ne tueras point. »
« Pars et ne reviens plus. »

4. Le sens anagogique : ce niveau se rapporte à ce vers quoi il faut tendre pour s’élever et élever sa conscience.

« Fais ce que tu veux. »


B- Le performatif :

Chanter :
« Quand tu chantes quand tu chantes quand tu chantes ça va... » 

Dire :
Je reviens dans cinq minutes, je vais acheter du liquide.

Il est à noter que le performatif peut comporter un degré fictif ou allusif, qui ne relève pas du domaine discursif, malgré certains aspects, car il n’est ni littéral, ni seulement allégorique, ni moral, ni anagogique. On appelle couramment ce niveau de langage le deuxième ou second degré.
Par exemple :
Sollers appuie sur son nez et ma quéquette se lève...
est un énoncé performatif fictif allusivement à quelque chose qui n’existe pas et non un énoncé discursif puisque :
Il ne se rapporte pas intégralement à la réalité.
Il ne faut pas vraiment le croire.
Il ne faut pas essayer de le faire.
Il ne faut pas le répéter.

De plus, c’est un énoncé sans contexte, invérifiable et à ce titre fictif.


C - L’énoncé proverbial :

Ce type d’énoncé combine les deux types d’énoncés discursif et performatif. Il porte en lui la sagesse dite proverbiale, qui est commune à chacun et à laquelle chacun se résout. Ce sont des paroles au sens métaphorique et souvent poétique.

- C’est le cas, par exemple, du beau titre de cette leçon : « Faites pas chier Mémé ! »

- « Le mieux est l’ennemi du bien. » 

- Booz endormi, Victor Hugo.