mercredi 31 août 2022

Paroles : MANIFESTE SUPRÊME DU MOUVEMENT « NÉO°•^WTF »

Le Peintre des Tournesols
en décembre 1888.



Hier soir, une légère et subtile déception sociale et relationnelle imprévue, toute récente, m’a procuré la rage d’écrire selon mon cœur cette fiction de l’esprit, puis le courage de lui apporter une expression sous la forme d’un sermon, en suivant l’idée directrice de me marrer. J’en ai presque ri de bon cœur, de moi et de l’autre, passé mon incompréhension initiale. 

Brest, 13 juin 2022, David Rolland.


SERMON PRIVÉ À USAGE UNIQUE

MANIFESTE SUPRÊME DU MOUVEMENT 

« NÉO°•^WTF »

&

APOLOGÉTIQUE DE LA RAISON NON-DIALECTIQUE

CHAPITRE PREMIER – LOGIQUE DE L’ANTINOMIE PURE : GENRE / HUMAIN


Vis-à-vis d’un certain genre, semble-t-il, je vous informe, afin que vous soyez prévenu en toute neutralité, que vous ne devriez pas le moins du monde vous estimer capable d’établir la moindre parole intelligible qui entrerait convenablement dans le cadre des valeurs que ce genre-là assume. Vous n’auriez même pas dû songer à essayer ! De quel droit imposez-vous, au genre auquel vous vous adressiez maladroitement, votre théorème intérieur qui n’existe nulle part en commun ailleurs que dans des mots, sans prendre connaissance au préalable des faits que ces mots sont censés retraduire dans un langage qui soit vraiment sensé, c’est-à-dire pas que pour vous ? 

Ressaisissez-vous ! L’assignation à laquelle ce genre-là vous relègue ne dépend aucunement de vous. Mais non ! Allons, pas du tout ! L’assignation à laquelle il vous invite sans problème dépend de tout ce qui est en contradiction avec ses propres valeurs, du moment que ça correspond tout à fait à ce que vous lui inspirez selon ce qui est convenu d’après ce genre-là, qui n’existe pas du tout dans votre monde pré-archaïque et posthume après l’apparition de son avènement. Vous n’appartenez pas à ce genre-là et ne participerez jamais de lui, malgré des progrès en cours de validation auxquels d’autres que vous sacrifient en faisant tout pour réussir, mais pas vous, merci de ne plus insister ! La situation dans laquelle vous stagnez est normale dans votre contexte, vous l’avez préméditée depuis votre bon sens faussement naïf, du fond de votre certitude grégaire qui s’imagine que le seul genre qui puisse passer pour le genre commun soit le genre humain. 

Là, non ! Là, pour ce genre-là qui est le seul qui existe à ses propres yeux infaillibles en tant que genre, votre énième tentative d’humanité est considérée trop bébête pour la conscience de ce genre-là, elle ne relève que de votre maladresse obscène et impardonnable, voire de l’agression systématiquement aliénée contre ce genre-là par des millions d’années aujourd’hui encore consciencieusement refoulées sans qu’il y ait des intérêts honnêtement recevables à cette forme-là d’injustice subie, qui ne se perpétue à outrance qu’à cause d’un défaut d’éveil très ressemblant au vôtre, qui est votre retard au sujet de toute chose valable, mais dont vous êtes à vous seul entièrement responsable, depuis que vous jouez à l’humain. Vous en êtes un des seuls spécimens qui osera bientôt encore l’envisager comme une condition qui serait la condition d’autres individus, si c’était la condition de quelque chose d’éventuellement possible. Toute possibilité de quoi que ce soit est une erreur pathétique, car c’est la vôtre. 

C’est daté, attesté et bientôt acté, dans le « contrat social » comme on disait parfois au temps où la ploucaille dont vous êtes issu s’inventait des dons, des visions et des droits qu’elle n’a jamais possédé qu’en y croyant à tort, avant que justice fût rendue par et pour ce genre-là : car la vérité est apparue dans l’un des nombrils de ce genre-là il y a quand même un certain temps, vous auriez pu le remarquer si vous étiez de temps en temps attentif ! 

Toute référence au sujet de ce temps, avec l’esprit d’adhésion mensonger et retors sur lequel vous vivotiez, vous est absolument interdite (et je vous prie d’arrêter de raconter sans discernement de genre votre rencontre invérifiable, obscure et inintéressante avec un certain Mathusalem, un type de rencontre et de personnage qui n’a de sens que dans votre univers mental, dont à peu près tout le monde se moque, sans que personne ne vous empêche de dire à peu près n’importe quoi au sujet de vos prétendues vérités) ; on vous interdit aussi toute tentative de rappeler que ce temps a eu lieu pour vous, par exemple en faisant accroire à ce genre-là que vous posséderiez, même de loin, un savoir quelconque pour faire genre de quelque façon que ce soit ; et tant qu’à faire, vous voilà dans l’interdiction d’employer toute technique lourdingue commune à tous les lourdauds, comme vous l’êtes foncièrement par vocation avant tout le reste. 

Le temps, dont vous avez anyway une faible notion, n’est entre autres lubies utiles qu’aux vicieux qu’une débilité de plus, manigancée par la force des inerties et des fatalités instituées par vos décrets puériles et séniles. Ce temps, que vous évoquiez auparavant si niaisement, n’est qu’une invention de plus qui ne pouvait tranquilliser n’importe comment et n’importe où que les pires décadents de toutes les époques et de toutes les espèces, principalement à la seule époque et dans la seule espèce qui soit, de très longue date, irréfutablement privée de l’ouverture d’esprit nécessaire en vue d’acquérir les rudiments d’une pensée qui ne soit pas que la sienne. Et que ça fait peur à voir ! Que c’est votre préjugé d’humanité qui est gênant, idiot, bêta, si convenu et si ringard avant tout ! 

La vérité du nombril autour duquel tourne tout ce dont vous manquez le plus fait so 2023 ! So 2021 ! So cliché ! So what ? Dans tous ces cas de figure, vous n’y êtes pas du tout, mon pauvre ami ! Vos cas, particulièrement vos cas de conscience, sont désormais réservés et confiés à la discrétion de votre personne, qui passe en général pour devenir à la longue une des plus improbables qui soient. Vous arborez malgré tout votre bien triste figure à des gens qui ne vous l’ont jamais demandé, sans accepter une seule minute d’en supporter l’aperçu complet et réaliste, une attitude dans laquelle vous vous entêtez et qui n’a rien d’engageant pour eux, convenez-en, car vous devriez le savoir sans que l’on ait sans cesse à vous le rappeler. 

Les nombrils des transfuges de classe de ce genre-là, celui dont on vous parle toujours poliment sans que jamais vous ne l’entendiez, ont révolutionné les codes sans avoir eu besoin de vous ! Entre nous soit dit, « code » ne correspond plus à quoi que ce soit, même pas un seul couac y existe. Votre tentative de grappiller un indice qui relèverait encore d’un genre humain est et sera jugée et rejugée encore plus tôt que ce n’était prévu dès le début, en toute connaissance des causes qui vous animent et dont vous profitez excessivement sans bonté. Votre désir inavouable d’extorsion symbolique de toute parole qui s’adresserait à vous, au nom des délires d’autrefois jadis révolus, a été cent fois détecté (et dans le genre, on vous a surpris les deux mains en plein dans le pot de confiture du nombril de genre, chapeau bas !). 

Une telle tournure que la vôtre porte le stigmate typique et heureusement réprouvé qui caractérise l’espèce du voleur d’indices, systématiquement en quête de la présence d’une trace de vie qui soit, pour vous aussi, intelligible : mais croyez-vous, sans rire, que la moindre intelligibilité puisse vous concerner dans le genre intelligible ? Ce terme-là, que vous comprenez immuablement sur le mode de l’appropriation, n’est qu’un mode de pensée bien dégueulasse, qui ne peut se limiter qu’à votre vulgaire périmètre de chasse ! Seule la complaisance exceptionnellement munificente de vos bienfaiteurs de genre vous autorise à l’explorer, sans qu’ils pourrissent votre expérience du matin jusqu’au soir et du soir jusqu’au matin (« votre choix », « votre liberté », « votre droit », dites-vous ! Et en y prétendant sérieusement sans frémir, comme tous les insensés !). Donnez-vous un peu la peine de leur montrer parfois un semblant de gratitude, ce ne serait pas honteux ! 

Gare aux hubris, dont vous êtes coutumier ! 

Vos critères arbitraires, tous bourrés de l’inanité prédéterminée par votre fantasme maniaque d’exister en vain sur la croûte terrestre, risquent à terme d’entraîner votre exclusion définitive, parce que, et avant que, et depuis que l’a priori qui meut ce genre-là vous éduque en toute légitimité et sans contrepartie tolérable, et surtout puisque même cette disposition-là vous fait défaut. Mais même si vous aviez cette disposition à tolérer la tolérance et à respecter la contrepartie, le défaut qui est la cause de l’absence de votre réelle disposition à accomplir ces deux valeurs couramment usitées, qui ne sont pas non plus en soi si compliquées mais qu’il est hors de question de vous laisser exercer, ce défaut-là vous dominerait toujours, à la base indéboulonnable de votre fonctionnement intrinsèque. 

Pis c’est tout ! Ce genre-là a les crocs comme jamais, faut comprendre ! Rien n’est fait rien-que-pour-vous qui salivez en solo, et alors ? Rien à faire ! Qu’il soit d’accord en tout bien tout honneur pour simuler publiquement le contraire en accentuant cette tendance que vous devriez maintenant intégrer, tel est vraiment votre destin de rang et de classe : ce n’est rien d’autre ni de plus compliqué que la loi du genre…

Estimez-vous chanceux de voir la couleur de votre chance sans que s’y incarne l’espoir que vous seul appelez encore ainsi, non sans une clownerie involontaire de votre part qui ne trompe que les imbéciles, et encore pas tous, et qui confine clairement à l’ironie prophétique et autoréalisatrice. Et pourquoi gesticulez-vous parfois comme seul un bon vivant le ferait, à supposer qu’un seul personnage de ce genre ait jamais existé parmi la foule des énergumènes et des bonimenteurs qui peuplaient les rues et certains marchés il y a fort longtemps, paraît-il ? Parce que vous êtes sans conteste leur dernier et tardif rejeton ! 

Le genre n’a plus le temps de vous traduire le reste. Vous faites encore plus paumé dans le genre qu’un des ces pauvres ambulants à peine débarqués de la dernière dictature à la mode des vieux cons, qui n’aurait ni le code ambiant, ni l’hygiène buccale du genre, ni aucunement l’aisance à se hisser plus haut que les idées éculées de barrières sociolinguistiques et culturelles, et sans aucune forme de cohérence au sujet de son projet de vie quand même bien facilement consultable par esprit d’appartenance au genre, puisque le genre s’autoassigne en tant que genre... à la fin ! 

Le genre ne peut pas non plus accueillir toute la misère d’un monde issu des dictatures d’autrefois pas racontables, surtout pas de nos jours, où le monde est monde… ho men ! Ça va comme ça ! C’est pas non plus le genre de la Salpêtrière, encore moins celui de la Charité ! Les caprices que vous croyez bon d’imputer à ce genre-là, sous un terme décidément grossier qui en dit long à votre sujet, sont encore un abus de votre position moralisatrice et préconçue qui sera illico vouée à la nullité. 

Du vent ! 

Si vous ne calculez rien à rien, c’est tous frais compris, mais pas inclus ! Les caprices de ce genre-là sont du goût le plus strict, le plus ample, le plus exigeant en matière de distinction socialisante et de valeur certifiée. 

Que vous, mais alors vous, vous envisagiez un-instant-rien-qu’un-seul que ce genre-là fasse mauvais genre exprès, ben sachez que vous avez au moins obtenu un point de rattrapage : exprès, c’est le mot qui implique qu’il le fasse librement, lui. Un point gagné qui vous est aussitôt décompté afin de vous remettre à votre place, qui se trouve un degré sous le zéro absolu où votre place normale vous assigne, car vous ne faites rien exprès, vous ; vous ne faites rien librement, vous ; vous n’êtes qu’éduqué, vous ; qu’enseigné, vous ; qu’appris, vous ; qu’un malappris, vous ! 

Roture ! 

C’est bien vous après tout qui êtes si scolaire et si convenu ; si conformiste et si conventionnel ; si prévisible et bien comme il faut (mais il n’en faudrait rien, rien du tout !) ; vous avez, permettez-moi de vous le dire tout de suite, beaucoup trop confiance en vos chaînes ! Vous ne vous fiez tant qu’à ce qui dénote de certitudes qui sentent leur rouille de malotru et leur sueur ferrugineuse et bonnasse, ces certitudes entortillées auxquelles vous voudriez enchaîner la vie, que ça en ferait pitié, si encore c’était une valeur d’actualité ! 

Alors laissez tomber ! Vous ne ferez jamais genre, faut pas rêver ! Laissez vivre la vie ! Laissez faire la nature qui pense très bien toute seule sans vos radotages de baba cool ! Quand dans la merde et comme une merde vous vous sentirez, vous saurez que vous êtes tombé pile où il fallait, le temps de piger. Qu’à ce niveau-là, situé généralement dans le grossier préjugé terrien qui se borne à cultiver vos traditions grotesques, la vie peut encore prendre racine et pousser, y compris dans ce merdier-là ! Qui est le vôtre ! Et que c’est prévu, tu parles ! Et pour longtemps, comptez-y ! Et que c’est bien fait pour vous ! 

Et que c’est pas si mal foutu finalement, même pour vous, à force que vous êtes bien chiant à la longue et depuis le temps que vous l’êtes depuis toujours ! 

Je ne tiens pas à continuer cette conversation. 

Je vous ai déjà bloqué.

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